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Discours du Président IDRISS DEBY ITNO lors de la grande prière pour la paix
Lors de la grande prière pour la paix réunissant le 10 décembre, chrétiens et musulmans du Tchad, le Président de la République IDRISS DEBY ITNO a appelé ses concitoyens à l’unité, à l’amour du prochain et à la cohabitation pacifique
Son Excellence, Monseigneur MATHIAS NGARTERI ; Archevêque de N’Damna ;
CHEIKH HISSEIN HASSAN ABAKAR, Président du Conseil supérieur des affaires islamiques ;
Révérend Pasteur SOUINA POTIFAR, Secrétaire général de l’Entente des églises et missions évangéliques au Tchad ;
Distingués invités ;
Mesdames, messieurs ;

Merci du fond de mon cœur, pour les mots bien aimables prononcés à mon égard. Merci pour m’avoir fait consacrer désormais, une journée, dans l’année, pour la paix, la cohabitation pacifique et la concorde nationale .C’est un symbole très fort qui montre clairement votre volonté, vous hommes de Dieu et la mienne aussi, mais sans doute celle de tous les Tchadiens, d’exorciser à jamais les démons de la violence, de l’autodestruction et de la désunion.

C’est également l’esprit qui m’a animé, lorsque j’ai déclaré solennellement à Ati, le 1er décembre 2010, la Renaissance du Tchad.
Un Tchad nouveau débarrassé des rancœurs du passé, un Tchad de citoyenneté où tout le monde s’assume et s’accepte, un Tchad de progrès où le meilleur doit être recherché, l’intérêt général mis en avant et l’amour de la patrie au-dessus de tout !

Chers compatriotes,
Pour ceux qui demeurent encore sceptiques, je voudrais vous réaffirmer ici, haut et fort, mon engagement total pour la paix. J’ai prouvé que pour la paix, j’étais et demeure prêt au sacrifice suprême afin que nos concitoyens y aspirent, pleinement. Aujourd’hui, la guerre est terminée et plus aucun Tchadien n’en voudrait ! Mais cela n’est pas une condition suffisante pour restaurer la paix absolue dans notre pays ; il nous faut mener et gagner une autre bataille, plus insidieuse, plus subtile et réellement plus complexe, celle contre la pauvreté et tout son cortège.

Je comprends en cela, l’interpellation de l’Evêque NGARTERI, sur la gestion des ressources naturelles, don de Dieu et le chômage des jeunes diplômés, la cherté de vie auxquels j’ajouterai d’autres défis comme la promotion de la femme, les problèmes d’éducation, de santé et ceux évoqués par le Pasteur SOUINA.

Croyez moi, je consacrerais toute mon énergie pendant ce quinquennat pour rompre le cercle vicieux de la pauvreté, libérer l’énergie créatrice des citoyens, jeunes, hommes et femmes pour faire du Tchad, berceau de l’humanité, un pays où il fait bon vivre. Un pays joyeux, pacifique qui avance en chantant, grâce à Dieu qui nous a donné cette terre et qui veille sur nous !

J’ai dit à Moundou, qu’aucun Tchadien n’est supérieur à l’autre. Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, le Tchad est une seule et même entité. Comment penser, au moment où nous savons que l’origine de l’humanité est au Tchad, que nous semions entre nous la division ! Notre responsabilité va au – delà de l’obligation de nous accepter, nous citoyens Tchadiens, car nous avons aussi le devoir en tant que source de l’humanité d’accueillir les frères et sœurs des autres pays du monde.

Cela est par ailleurs conforme à la parole de Dieu comme je viens encore de l’entendre.
Pour moi, la paix est une seconde religion. C’est pourquoi, je la souhaite pour tout le peuple tchadien. A cet effet, la culture de la paix doit être inculpée à tous nos enfants dans nos cours d’éducation religieuse. Car le christianisme et l’islam enseignent l’amour du prochain, la tolérance. Jamais au grand jamais, la religion ne doit constituer une source de division ; de haine ou de rejet de l’autre. Tout au contraire, elle doit être la source d’inspiration pour une cohabitation sereine, pacifique et réelle.

N’est-ce pas que nous sommes tous des descendants d’Abraham pour les chrétiens, d’Ibrahim pour les musulmans, les prophètes Moise ou Moussa, David ou Daoud, Jacob ou Yacoub, Isaac ou Issaka, Joseph ou Youssouf ; Jésus ou Issa ? Alors, je m’interroge sur les divisions fondées sur la religion. Je suis sudiste donc chrétien ! Je suis nordiste donc musulmans ! Ces deux religions révélées ne se définissent pas par les points cardinaux. Les livres saints que sont le Coran et la Bible sont envoyés pour le bien du peuple de Dieu et non pour une région ou une communauté.

Chers frères Monseigneur MATHIAS NGARTERI,
Cheikh HUSSEIN ABAKAR et Pasteur SOUINA POTIFAR,
Vous êtes des Guides pour vos fidèles.Par vos homélies ou Khoutba, vous avez contribué sans nul doute, à préserver la paix dans notre pays.
Je vous en remercie infiniment et vous exhorte à poursuivre votre œuvre de salut en implorant la bénédiction du Tout Puissant, le miséricordieux, afin qu’il exauce vos prières pour la paix et la prospérité de notre pays.

A tous les chefs religieux du pays et à leurs fidèles, j’en appelle à votre vigilance pour ne pas tomber dans les travers de l’intégrisme, de l’intolérance et des sectes de toutes origines pouvant mettre en danger l’unité nationale, la cohabitation pacifique et la concorde nationale. En effet, il y a des individus mal intentionnés et manipulables qui exploitent la religion à des fins inavouées. Les religions condamnent la violence et l’incitation à la haine.

Le terrorisme, au nom de la religion, ne doit pas avoir droit de cité dans notre pays. Comme il est écrit dans le saint Coran, « le diable est l’ennemi de l’être » et le terroriste étant assimilé au diable, comme tel, il doit être combattu. Les Tchadiens sont des êtres aguerris et tolérants. Par conséquent, ils ne doivent pas céder à cette tentation. N’écoutez pas ces faux dévots évangélistes ou soit disant prêcheurs qui, par leurs discours, sèment la division et la haine sur des bases religieuses.

Mes chers compatriotes ;
Le seul combat à mener, je viens de le dire, c’est la lutte contre la pauvreté, autrement dit, le développement économique et social. Nous devons faire en sorte que chaque Tchadienne et chaque Tchadien mange à sa faim, ait un habitat décent, éduque et soigne son enfant et jouisse pleinement de sa liberté de pensée et d’action. L’injustice et la corruption qui sont considérées comme des péchés mortels doivent être éradiquées de notre société. Chacune et chacun doit gagner son pain à la sueur de son front.

Les fonctionnaires à tous les échelons de la hiérarchie et notamment ceux de l’Administration territoriale, les ministres et les députés doivent accomplir leurs devoirs en toute probité. Le Tchad de la Renaissance est un Etat de droit et je ne tolérerai pas les véreux dans l’administration.

Chers compatriotes ;
Nous avons trop souffert de la guerre, des agressions extérieures, des querelles inter ethniques ou communautaires. Exorcisons à jamais ces douloureux souvenirs. Faisons de notre pays, un havre de paix, pour nous –mêmes, pour la sous région et pour l’Afrique, à l’heure où de graves remous affectent le monde.

C’est mon serment.

Vive le Tchad éternel, fort et prospère.
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